CE FRET du 19 Octobre 2016 : compte-rendu

Au cours de cette séance, les organisations syndicales sont notamment intervenues sur la 5e conférence ministérielle pour “la relance du FRET ferroviaire” du 06 octobre dernier. Étonnant lorsque l’on sait que nombre d’entre elles n’étaient pas présentes ce jour-là…

Toujours dans l’idée que le FRET ferroviaire et a fortiori, le FRET SNCF, ne serait pas assez compétitif, le ministre a développé un certain nombre de propositions qui, n’en doutons pas, vont accélérer encore un peu plus la prédominance du mode routier…

Un an après la COP21 rien ne va plus, faites vos jeux :

  • Augmentation des péages FRET de 4,6 % en moyenne par an ;
  • Aide de 10 millions d’euros par an pour les lignes UIC 7 à 9 SV qui ont en moyenne 75 ans d’âge… Autant dire une goutte d’eau dans la mer qui ressemble beaucoup à un abandon…

Et, pendant ce temps, l’argent public est dépensé sans compter pour la route (14 milliards en 2015 par l’ensemble des collectivités rien que pour l’infrastructure… )

FRET SNCF, comme à l’accoutumée, n’était pas représenté… Si d’aucuns doutaient que nos dirigeants n’avaient aucune intention de développer l’activité, voilà qui devrait mettre tout le monde d’accord, d’autant que la filiale VIIA était quant à elle bien présente pour vanter son modèle économique.

DUMPING SOCIAL, voilà la vision stratégique qui se cache derrière les grandes envolées lyriques sur la modernisation, les restructurations et autres joyeusetés !

10 ans que les cheminots sont contraints à une productivité incessante qui ne conduit qu’à abaisser les conditions sociales, à réduire les emplois au statut et à développer la concurrence !

Après avoir signé l’accord de modernisation validant la réforme du système ferroviaire en 2014, l’UNSA et la CFDT sont aujourd’hui d’accord avec la CGT et reprennent à leur compte un certain nombre de nos propositions pour financer le système, comme la création d’une CADEFE (Caisse d’Amortissement de la DEtte Ferroviaire de l’Etat) ou la mise en place d’une ECO TAXE. Gilles SAVARY qui veut accessoirement filialiser. FRET SNCF admet aujourd’hui qu’il n’aurait jamais fallu abandonner le wagon isolé…

L’entreprise, dans ses réponses, évoque toujours la situation catastrophique chez FRET SNCF en pointant les mauvaises récoltes céréalières et l’acier chinois… Elle évoque la nécessaire continuité des restructurations dans l’entreprise car, si elle mettait un coup d’arrêt à celles-ci cela « sonnerait la mort de FRET SNCF ».
À l’inverse, en continuant à dépecer FRET SNCF tout va mieux donc ? Chacun appréciera !

Quoi qu’il en soit les résultats semestriels présentés en séance par le cabinet SECAFI sont très mauvais : La Marge Opérationnelle (qui est un indicateur de performance économique) est en dégradation (– 84 millions d’euros). 300 emplois ont été supprimés depuis janvier 2016 ! Les cessions immobilières sont en hausse (on vend les bijoux de famille) et l’investissement en berne — 11 millions d’euros par rapport
au budget prévisionnel (on ne prépare pas l’avenir)…

La dette, elle, est en augmentation. Forcement lorsqu’on emprunte pour acheter, par exemple, des filiales routières aux états unis (OHL 750 millions d’euros en 2015).

L’entreprise a réagi à cette présentation en justifiant les mauvais résultats semestriels par une baisse générale des volumes du trafic et la mauvaise qualité des sillons.

Aller on les aide un peu… Une mauvaise politique d’entreprise peut être aussi non ?

Après nos interventions, nous avons exigé d’avoir une info/consultation sur les orientations stratégiques de FRET SNCF. La direction a répondu favorablement à notre demande.

Pour la CGT, la responsabilité de nos dirigeants dans la situation actuelle de FRET SNCF ne fait aucun doute. Il faut d’urgence changer de politique et surseoir à toutes les restructurations en cours.

Ainsi nous avons proposé une délibération pour recours à expertise concernant la restructuration de St Jean De Maurienne/Modane qui a obtenu l’unanimité des voix.

Présentation des contrats/accord cadres entre SNCF mobilités et SNCF réseau concernant les sillons.

La présentation trop succincte et légère a été reconnue par l’ensemble des OS, nous avons demandé le contenu de l’accord-cadre signé en avril 2016 et l’avis qu’a émis l’ARAFER sur le sujet. La direction a répondu favorablement à notre demande et une nouvelle information aura lieu sur ce sujet en plénière.

Enfin, deux votes ont eu lieu :

  • Vote du rapport égalité hommes/femmes : 10 contre et 3 abstentions (UNSA)
  • Vote du budget prévisionnel ASC (Activités Sociales et Culturelles) et AEP (Attributions Économiques et Professionnelles) : 10 pour, 2 abstentions (CFDT), une non-participation au vote (FO).

Rappelons que le CE FRET mutualise depuis sa création (2009) avec les CER pour que les cheminots puissent profiter en proximité des Activités Sociales. Et qu’à une très large majorité ce choix est une fois de plus reconduit cette année conformément à l’accord de gestion des activités sociales… rien n’empêche donc d’autres organisations syndicales de faire de même lorsqu’elles sont en majorité sur un CE national… Si ce n’est des orientations dogmatiques qui vont à l’encontre de l’accord d’entreprise et desservent les cheminots…

PROCHAINE SÉANCE PLÉNIÈRE LE 24 NOVEMBRE 2016

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