BILAN ÉCONOMIQUE 2017 : HOLD-UP SUR NOTRE TRAVAIL

Le groupe SNCF en quelques chiffres

Il est composé du Groupe Public Ferroviaire (3 EPIC) et de ses filiales en France et dans le monde. Aujourd’hui, 963 filiales sont détenues à plus de 50 % par la SNCF,  qui est également actionnaire minoritaire d’environ 160 filiales supplémentaires.

271 090 salariés composent le groupe SNCF dont 146 000 cheminots français, 40 000 salariés en Europe (dont 6 000 en Suède) et 10 000 dans le monde (dont 2 000 en Australie).

Bilan du Groupe SNCF (En milliards d’euros)
  2017 2016
Chiffre d’Affaires + 33, 5 + 32, 2
Achats & Charges extérieures + 14 + 13
Valeur Ajoutée + 19,5 + 18,6

 

Valeur Ajoutée :
C’est la valeur finale de la production (Chiffre d’affaires) – la valeur des biens consommés par le processus de production (achats et charges externes).
La valeur ajoutée est la quantité de richesses créées par le travail des cheminots !
Elle est ensuite répartie entre les salariés (salaires), l’Etat (impôts), les actionnaires (dividendes), les prêteurs (intérêts) et les investissements.

Autres chiffres du Groupe SNCF

Marge opérationnelle en 2017 : + 4.5 milliards d’euros (Ce ratio indique la performance économique avant prise en compte du résultat financier, des impôts, et des événements exceptionnels.)
• Résultat net d’exploitation (bénéfices) en 2017 : + 1.3 milliard d’euros dont 1.1 milliard réalisé par les 3 EPIC, soit 7 500 euros par cheminot.
• Dette Réseau : 2017 = 46,6 milliards ; 2016 = 44,9 milliards
• Dette Mobilités : 2017 = 7,9 milliards ; 2016 = 8 milliards
• Intérêts financiers annuels de la dette : 1.8 milliard d’euros.

Et dans les autres entreprises ?

Thello (ferroviaire voyageurs) : Chiffre d’Affaires = 37,5m€ ; Valeur Ajoutée = 1,5m€ (4,1 %). C’est le modèle d’une entreprise qui sous-traite tout et ne crée pas de  richesses.

ECR (ferroviaire marchandises) : CA= 178m€ ; VA= 53,5m€ (30,1 %)
La précarité du privé crée moins de richesses que le public.

DB (entreprise historique allemande) : CA= 40 557m€ ; VA= 20 456m€ (50,4 %). Le Groupe SNCF avec 58,1 % de valeur ajoutée crée donc plus de richesses…

Analyses CGT

Les cheminots et salariés du groupe SNCF sont donc extrêmement productifs.

Le TRAVAIL des cheminots est-il productif ?

• La valeur ajoutée créée par le travail des cheminots et des salariés du groupe SNCF est énorme et en augmentation (58,1 % du chiffre d’affaires en 2017 contre 57,7 % en 2016).
• 3,8 % de productivité ont été réalisés en une seule année.
• La valeur créée par chaque cheminot et salarié du groupe est de 71 828€, ce qui est supérieur à la moyenne nationale (70 130€).
• Pour comparaison, la Deutsche Bahn ne crée « que » 50,4 % de valeur ajoutée par rapport à son chiffre d’affaires, soit 66 631€ par salarié.
• Les cheminots et salariés du groupe SNCF sont donc EXTREMEMENT productifs.
• Les chiffres montrent que la sous-traitance dégrade les résultats. De même, la croissance externe fait grossir artificiellement le chiffre d’affaires, mais les compagnies rachetées ne contribuent pas autant que les EPIC à la création de valeur.

La RÉPARTITION des richesses est-elle juste ?

• Le « poids » de la masse salariale baisse : 42,3 % du chiffre d’affaires en 2017 contre 42,6 % en 2016. Ce « poids » est encore plus faible dans les entreprises publiques !
• La part des richesses créées qui revient aux salariés sous forme de salaire est en constante régression : 72,7 % de la valeur ajoutée en 2017, contre 73,9 % en 2016. C’est donc 235 millions d’euros qui ont été confisqués aux salariés en 2017.
• La cible de nos dirigeants est probablement de rejoindre la moyenne nationale de 64,3 % pour accroître la place des profits. Le sens donné par la politique d’entreprise est donc l’augmentation des injustices !

Qu’est-ce qui pèse sur les COMPTES ?

• Alors que la marge opérationnelle est de plus de 4,5 milliards d’euros, on pourrait penser que la situation financière est saine. Mais d’autres charges qui n’ont rien à voir avec les cheminots déstabilisent ensuite les comptes de la SNCF.
• L’Etat n’assume toujours pas une grande partie des investissements nécessaires aux infrastructures, qui sont pourtant de sa responsabilité au titre de l’aménagement du territoire et de la politique publique en matière de transports. Dans le passé, il a fait financer la construction des LGV par la SNCF. Aujourd’hui, il fait financer la régénération du réseau.
• 8,7 milliards ont été investis en 2017, dont 5,2 pour la régénération du réseau et 2,3 pour l’acquisition de matériels. Les subventions publiques ne correspondent qu’à 2,6 milliards soit 30 % du total (elles couvrent 99 % des investissements quand il s’agit du mode routier). C’est donc le produit du travail des cheminots et la hausse de l’endettement qui sont mis à contribution.
• En parallèle, l’augmentation de la charge de travail due aux besoins de régénération est confiée à la sous-traitance de grands groupes du BTP (Bouygues, Vinci, Eiffage) avec un surcoût d’au moins 10 %, selon les aveux de la direction de l’Epic Réseau.
• Les frais financiers liés à la dette représentent une charge importante pour le Groupe : plus d’1,8 milliard d’euros par an. Cela devrait diminuer d’1 milliard chaque année avec les engagements de reprise de la dette arrachés lors du conflit sur la réforme. Où sera réinvesti ce milliard d’économies ?

Ces chiffres confortent les propositions CGT :
ré internalisation des charges sous-traitées, arrêt de la croissance externe, ressources publiques pérennes pour financer l’infra, hausse des salaires…

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